Quoi? Pourquoi?

L’opération #VousNEpasserezPAS 

Un mur social tissé serré

L’opération #VousNEpasserezPAS affirme qu’il est légitime, pour la population, de défendre son eau potable, son milieu de vie, les écosystèmes du territoire qu’elle occupe et le climat de la planète. Elle fournit aux citoyennes et aux citoyens des outils pour élargir, afficher et organiser la résistance aux projets pétroliers et gaziers. Entre l’industrie des énergies fossiles et le territoire du Québec, elle dresse un mur social tissé serré que nul projet indésirable ne saura percer.

Parce que nos décideurs n’écoutent ni la population ni la science.

Depuis plusieurs années déjà, le mouvement citoyen s’appuie sur la science pour convaincre les leaders politiques du Québec et du Canada de tourner le dos au développement des énergies fossiles et d’accélérer au contraire notre sortie de l’ère des hydrocarbures. Lettres après lettres, mémoires après mémoires, études après études, manifestations après manifestations, rien n’y fait : au lieu de protéger le territoire dont ils sont fiduciaires, les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard cèdent aux pétrolières et gazières la mainmise sur notre eau et notre territoire, au détriment de la prudence élémentaire. Ils vont même jusqu’à les encourager par des investissements, des subventions, des réductions de redevances et des crédits d’impôts.

Lorsque les autorités servent les lobbys financiers et industriels, et non le bien commun, la population a le devoir de s’interposer. C’est là tout le sens de l’opération #VousNEpasserezPAS.

Parce que l’eau est un bien commun.

Nulle entreprise privée ne peut s’arroger le pouvoir de contaminer l’eau dont les humains et les écosystèmes dépendent pour leur survie. À elle seule, la question de l’eau fait du projet de pipeline Énergie Est un pari insensé puisque ce tuyau mettrait à risque les sources d’eau potable de plus de 5 millions de Canadiens, dont 3 millions de Québécois. Elle rend aussi les projets locaux d’extraction de pétrole et de gaz inacceptables car au Québec, l’extraction d’hydrocarbures exige presque toujours de fracturer ou de dissoudre la roche en utilisant des procédés et des produits dont la dangerosité pour les nappes phréatiques est aujourd’hui incontestable.

Parce que nos collectivités sont nos milieux de vie.

Consulté par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec en 2015, le professeur Philip Andrews-Speed, spécialiste international des politiques énergétiques, avait déclaré que l’exploitation du gaz et du pétrole non conventionnel, « c’est comme une armée qui se déploie dans un pays » et que « seule l’urgence d’un tel besoin peut en fonder la légitimité ». Il rappelait ainsi que les collectivités sont des milieux de vie pour les personnes, pour la faune et pour la flore, et non des terrains de jeu à la disposition de compagnies sans âme, qu’il s’agisse de pétrolières, de gazières, de pipelinières, de producteurs de gaz naturel liquéfié, de sociétés ferroviaires ou de transporteurs maritimes.

Parce que c’est le climat ou les hydrocarbures. Pas les deux.

La quantité de gaz à effet de serre (GES) émis par personne est de plus de 20 tonnes d’équivalent CO2 par an au Canada et atteint plus de 65 tonnes en Alberta et en Saskatchewan, alors que la moyenne mondiale devra s’établir à 2 tonnes par an en 2050. Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à un niveau conciliable avec l’Accord de Paris, le Canada doit impérativement plafonner ou même réduire sa production de pétrole et de gaz, et donc renoncer à construire toute infrastructure supplémentaire de production, de stockage ou de transport d’hydrocarbures. La science ne laisse aucun doute à ce sujet.

Parce que nous sommes maîtres chez nous.

Il n’appartient pas à une poignée de financiers et d’industriels de décréter qu’il serait « rentable » de mettre notre eau potable à risque, de multiplier le nombre de bombes sur rail qui circulent chaque jour dans nos villes et villages ou de faire de nos campagnes des zones d’industrie lourde qu’ils laisseraient dévastées après quelques années. Nous ne les avons pas autorisés non plus à compromettre l’intégrité de notre sous-sol, au risque de provoquer des tremblements de terre. Nous ne leur avons jamais donné le mandat de faire du Québec un exportateur de gaz naturel liquéfié. Nous sommes maîtres chez nous.

Parce que développer la filière des hydrocarbures est un choix et non une nécessité

Si le pétrole occupe une telle place dans notre économie, c’est parce que le Canada a choisi d’axer sa politique de commerce extérieur sur les énergies fossiles, au détriment des autres secteurs et de la stabilité de son économie globale. Aujourd’hui, le Canada produit deux fois plus de pétrole brut qu’il n’en consomme. Il n’a nullement besoin de hausser le nombre de barils extraits du sol chaque jour pour subvenir à ses besoins, qui sont appelés à diminuer et non à croître. Il peut tenter de surmonter son présent marasme économique en s’enfonçant davantage dans l’ornière qui l’a causé. Ou changer de cap.

Quant au Québec, il s’est donné pour cible de diminuer sa consommation de pétrole de 40 % d’ici 2030. Il s’est aussi formellement engagé à avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % en 2030 et de 80 à 95 % en 2050, par rapport à 1990. Se lancer dans la production d’hydrocarbures à ce moment-ci de son histoire serait une incohérence inacceptable pour la population.

Parce qu’un monde durable est possible.

La population, les scientifiques, les leaders sociaux et même les gens d’affaires n’attendent qu’un signal clair pour se tourner vers un monde durable.  Cette révolution peut et doit devenir le grand chantier de la première moitié du XXIe siècle.  Elle doit engager toutes les sphères d’activités dans un grand renouveau axé d’abord sur l’optimisation, la conservation et la récupération, qu’il s’agisse d’aménagement du territoire, de transport, de fiscalité, de procédés industriels, de normes relatives à l’obsolescence, de code du bâtiment,  d’agriculture, d’alimentation ou de consommation, par exemple.   Elle doit, surtout, se faire à temps, de manière ordonnée, dans le cadre d’une démarche démocratique mobilisatrice, porteuse d’une transition juste et équitable pour toutes et tous.

 

Ces  projets qui menacent notre territoire, quels sont-ils? →