Les projets qui menacent notre territoire

Les forages pétroliers et gaziers

Les exploitants détiennent au Québec des permis de recherche de pétrole et de gaz naturel couvrant 56 000 km2, soit l’équivalent à la moitié de la surface habitée de la province. Ces territoires « claimés »  longent la vallée du Saint-Laurent entre la frontière ontarienne et Québec, soit la portion la plus densément peuplée de la province; ils rejoignent le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, l’île d’Anticosti et quelques portions de la Mauricie et du Saguenay, sans oublier le golfe du Saint-Laurent.

La Gaspésie subit déjà l’assaut des pétrolières et des gazières depuis plusieurs années, notamment à Gaspé où un site de forage est exploité à 350 mètres des maisons les plus près et à 800 mètres du premier puits d’eau potable. Des  projets  d’exploration et de production sont aussi annoncés dans le Bas-Saint-Laurent ainsi que dans les MRC de Lotbinière et de Bécancour. Le projet de fracturation sur l’île d’Anticosti semble être en suspens pour l’instant.

Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec

L’administration Couillard a confirmé son engouement pour le développement de la filière pétrolière et gazière en adoptant en juillet 2014 son Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), contesté depuis, sans succès, par plusieurs centaines de municipalités qui souhaitent imposer des distances plus grandes entre les éventuels puits de forage et leurs sources d’eau potable.  Cet engouement s’est exprimé à nouveau avec force en décembre dernier lorsque le même gouvernement a imposé sous le bâillon l’adoption de sa largement décriée Loi sur les hydrocarbures, qui permet tous les procédés d’extraction, y compris la fracturation, dans toutes les régions du Québec.


Le projet Énergie Est, les pipelines existants

Le pipeline Énergie Est de TransCanada transporterait chaque jour l’équivalent de 3 fois la consommation quotidienne de pétrole brut du Québec. Il traverserait 9 des 17 régions administratives du Québec, soit 65 municipalités appartenant à 21 MRC ou territoires équivalents. Il franchirait quelque 830 cours d’eau du Québec et le fleuve Saint-Laurent lui-même.

De plus, certains pipelines déjà présents au Québec préoccupent grandement les populations qui les côtoient.

Entre autres, les groupes citoyens dénoncent avec véhémence que l’inversion de la canalisation 9b d’Enbridge ait été autorisée, à la fin de 2015, malgré la vétusté de ce tuyau datant de 1975. Ce pipeline amène à présent près de 300 000 barils de pétrole brut par jour de Sarnia à l’Est de Montréal. Les opposants craignent tout particulièrement l’impact d’un éventuel déversement sur l’approvisionnement en eau potable, étant donné que le pipeline traverse plusieurs cours d’eau, y compris les rivières des Mille-Îles, des Prairies et des Outaouais. Enbridge a d’ailleurs dû intervenir à plusieurs reprises en 2016 pour réparer la canalisation 9b, souvent au cœur d’une zone habitée.

L’oléoduc Trans-Nord suscite également de vives inquiétudes. Construit en 1952, ce pipeline transporte chaque jour plus de 27 millions de litres de produits pétroliers raffinés tels l’essence, le diesel, le carburant d’aviation et l’huile à chauffage entre Montréal et Nanticoke, en Ontario. Situé à moins de 5 km de la rivière des Outaouais, la source en eau potable de 3 millions de Québécois, il est à l’origine de 6 des 13 incidents liés à l’exploitation des pipelines au Québec depuis 2008.


Le projet de Chaleur Terminals à Belledune

Si le projet de de Chaleur Terminals arrive à terme, 240 wagons-citernes supplémentaires, chargés de pétrole de l’Ouest, circuleront chaque jour au cœur de zones densément peuplées comme l’île de Montréal, Saint-Bruno-de-Montarville, Mont-Saint-Hilaire, Saint-Hyacinthe, Drummondville, Lévis, Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles et Rimouski avant de bifurquer vers la vallée de la Matapédia où ils croiseront plusieurs municipalités et certaines des rivières à saumon les plus prisées au pays. Le pétrole poursuivra ensuite sa route vers le port de Belledune au Nouveau-Brunswick – situé à moins de 15 kilomètres de la côte gaspésienne – où il sera chargé sur des navires pour rejoindre les marchés étrangers après avoir sillonné la Baie-des-Chaleurs. Malgré les appréhensions des collectivités traversées par la ligne du CN et celles des municipalités riveraines situées à proximité, le gouvernement du Québec a refusé de tenir une audience du BAPE sur ce projet. De même, la ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique Catherine McKenna a rejeté la demande d’évaluation environnementale qui lui a été faite.


Le projet de forage extracôtier Old Harry

Le projet de la firme Corridor Resources de procéder à l’exploration et éventuellement à l’exploitation pétrolière sur le site de Old Harry, situé à environ 80 kilomètres des côtes des îles de la Madeleine, ainsi que la volonté affirmée du gouvernement du Québec d’exploiter les ressources pétrolières potentielles de l’Est-du-Québec, notamment dans le golfe du Saint-Laurent, inquiètent vivement la population madelinienne. Rappelons que le Québec a déposé, le 11 juin 2015, son projet de Loi miroir de mise en œuvre de l’Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec sur la gestion conjointe des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent, confirmant ainsi qu’il envisage de lever le moratoire québécois sur l’exploration pétrolière et gazière dans ce secteur et ce – sans consultation préalable.


Le projet de gaz naturel liquéfié Énergie Saguenay

L’entreprise GNL Québec, contrôlée en partie par des intérêts américains, a déjà obtenu la licence d’exportation accordée par l’Office national de l’énergie et entrepris l’étude d’impact d’Énergie Saguenay, un projet visant à exporter 11 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par navires méthaniers à partir du port en eaux profondes de Grande-Anse, près de Chicoutimi. Ce projet prévoit la construction d’une usine de liquéfaction de gaz de l’Ouest canadien, notamment du gaz de schiste, d’infrastructures d’entreposage et de transbordement ainsi que d’un gazoduc de 650 kilomètres. S’il se réalise, jusqu’à 160 méthaniers remonteront chaque année la rivière Saguenay et traverseront chemin faisant le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, une aire marine protégée établie pour préserver l’habitat du béluga du Saint-Laurent. Cependant, la directive que le ministre de l’Environnement du Québec a remise au promoteur  pour encadrer l’étude d’impact ne fait mention ni du gazoduc, ni du parc marin.

Ces projets m’inquiètent, je suis avec vous! →